RENCONTRE CITOYENNE du 15 juin 2026 à l'Alliage à Olivet
22 juin 2026Nous annoncions la tenue d'une rencontre sur le parvis de l'Alliage le 15 juin, avant la tenue du conseil municipal.
Voici le compte rendu de cette rencontre diffusé par les organisateurs:
Suite à la présentation du futur groupe scolaire du Val vendredi dernier, notre rencontre citoyenne s'est penchée sur les enjeux de ce projet. Les échanges se sont articulés autour de la question suivante :
« Projets immobiliers ou espaces scolaires : comment la sobriété foncière redéfinit-elle les priorités, parfois au détriment du bien-être et de l’inclusivité des élèves ? »
Nous étions 23 participants réunis au sein du collectif citoyen « Pour les écoles publiques d’Olivet » : 5 représentants de parents d’élèves, 9 parents issus des écoles de la Cerisaie, du Val et du Poutyl, 8 habitants d’Olivet, ainsi que Karin Fischer, conseillère régionale du Centre-Val de Loire. Nous tenons à la remercier tout particulièrement pour sa présence, son écoute attentive et la qualité des échanges constructifs.
Nouvelles cours de récréation : la réalité des chiffres
École élémentaire de la Cerisaie : l'espace par élève divisé par deux (perte globale de près de 48 %)
-
Avant : 9,6 m² par élève (une cour estimée à 2 400 m² [2] pour 250 élèves).
-
Actuel : Seulement 5 m² par élève (une cour de 1 250 m² déclarée par M. le Maire [1] pour 250 élèves répartis sur 10 classes, alors que l'établissement compte 11 classes et 1 classe ULIS disponibles. Ce ratio déjà alarmant est donc amené à s'effondrer encore en cas d'ouverture complète et/ou à des effectifs possibles de 33 élèves dans 11 classes).
École élémentaire du Val : l'espace par élève divisé par trois (perte globale de 66 %)
-
Avant : 20,9 m² par élève (une cour de 4 000 m² [3] pour 191 élèves, répartis sur 8 classes + 1 classe ULIS).
-
Nouveau projet : Seulement 6,75 m² par élève (une cour réduite à 1 350 m² [2] pour environ 200 élèves prévus. Ils seront répartis sur 9 classes, dont 1 ou 2 dispositifs d'inclusion de type ULIS).
École maternelle du Val : l'espace par élève amputé d'un tiers (perte globale de 25 % environ)
-
Avant : 16 m² par élève (une cour de 1 340 m² [2] pour 82 élèves, répartis sur 3 classes + 1 AEC).
-
Nouveau projet : Seulement 10,4 m² par élève (une cour de 1 000 m² [4] pour environ 96 élèves prévus sur 4 classes, une configuration qui pourrait être encore densifiée si l'un des dispositifs d'inclusion (ULIS) y était rattaché).
La mairie justifie cette politique au nom de la « sobriété foncière », en fait supporter les conséquences aux générations futures, et ne tient pas compte des erreurs passées.
Du risque d'accidents au risque pour l'inclusivité
L'expérience de la nouvelle école élémentaire de la Cerisaie l'a montré : une cour de récréation exiguë signifie d'abord moins d'espace disponible par enfant. Cette densification augmente inévitablement les risques de collisions, de tensions et d'accidents. Pour limiter l'accidentologie, la solution trouvée consiste à échelonner les récréations et à faire sortir les élèves par groupes successifs.
En séparant ainsi les classes et les niveaux, on supprime la mixité et l'hétérogénéité des âges. On réduit les occasions de rencontres, d'entraide et de socialisation spontanée entre les enfants, alors même que ce brassage de la diversité fait vivre l'inclusion scolaire.
Ce constat alimente également de légitimes craintes concernant l’ouverture possible de classe ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire). La réduction des espaces de récréation risque en effet de compliquer l’accueil de certains élèves à besoins éducatifs particuliers, pour lesquels le calme, l’espace disponible et la possibilité de s’isoler temporairement constituent des conditions importantes de bien-être et d’inclusion.
Quand la restriction d'espace sacrifie le sport et le défoulement
Au-delà de la gestion des flux, ce rétrécissement impacte directement la santé physique et l'équilibre des enfants. À l’école élémentaire de la Cerisaie, les jeux de ballons ont tout simplement été supprimés et le panneau de basket a été démonté, faisant de cet établissement une école privée de structure sportive [5]. Ce démontage, qui s'inscrit dans l'objectif affiché par la mairie d'aménager la cour pour en libérer la surface centrale, donne la nette impression que les structures sportives ont été sacrifiées pour tenter d'agrandir tant bien que mal un espace utile.
Cette situation prive pourtant les élèves d’un moyen essentiel de se dépenser, d’évacuer leur trop-plein d’énergie et de retrouver les conditions de concentration indispensables aux apprentissages en classe. Il est d’autant plus difficile de comprendre ce choix que la structure sportive retirée a ensuite été réinstallée dans une autre école de la commune [5].
Pourtant, le besoin est réel et des alternatives de repli existent : lors de la présentation du projet du Val vendredi dernier, la municipalité a pourtant indiqué qu’il ne fallait pas créer de plateau sportif sur le terrain situé à l’arrière du réfectoire de la Cerisaie, balayant ainsi une solution qui répondrait pourtant précisément à un besoin identifié.
Écologie et ZAN : une question de choix
La préservation des sols est un objectif légitime, mais elle n'impose pas de réduire l'espace des enfants.
La loi ZAN laisse aux collectivités le choix de leurs priorités d'aménagement. Une ambition écologique cohérente consisterait à préserver de grands espaces naturels tout en offrant des cours d'école généreuses et végétalisées. À Saran, l'urbanisation de l'ancien aérodrome s'est accompagné du reclassement de 13 hectares en zone naturelle.
À Olivet, le choix est de concentrer davantage d'équipements sur des emprises plus réduites.
Un choix politique, pas pédagogique
Ces contraintes, qui résultent d’une réduction des surfaces extérieures, ne reposent sur aucun fondement pédagogique connu et ne sauraient être présentées comme la conséquence naturelle de l’évolution des modèles scolaires. Si les écoles d’aujourd’hui peuvent ne plus se construire selon les standards des années 1960, les réflexions contemporaines soulignent le rôle essentiel des cours dans le développement physique, social et émotionnel des enfants et n'indiquent pas qu'il faille réduire leur surface.
Ce choix purement politique, dénué de toute vision pédagogique, sacrifie le bien-être et l’inclusivité des élèves sur l'autel des opérations immobilières.
Des membres du collectif citoyen « Pour les écoles publiques d’Olivet » - Juin 2026
contact : ecoles.publiques.olivet@gmail.com
Liens utiles et Références
Mobilisations et documentations complémentaires :
-
Lettre d’intention Change.org (Pour des écoles publiques d'Olivet spacieuses, sûres et inclusives) : https://www.change.org/p/pour-des-%C3%A9coles-publiques-d-olivet-spacieuses-s%C3%BBres-et-inclusives-45
-
Pétition MesOpinions (Agrandissement de la cour de la Cerisaie) : https://mesopinions.com/petition/social/olivetesagrandissement-cour-l-ecole-elementaire/275056
-
Ville de Saran (Aménagement de l'ancien aérodrome) : https://www.saran.fr/node/3537
-
Ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. (2022). Cours de récréation : fiche espace. Bâtir l'école II : Maternelle – Élémentaire. : https://batiscolaire.education.gouv.fr/sites/default/files/2022-04/fiche-courrecreation-m-e-2022-04-04-pdf-38176.pdf
Sources citées dans les chiffres :
-
[1]Déclaration de M. le Maire : https://drive.google.com/file/d/1bj2rGgwBAhsQy045ZR8PlWtOMvdlc0DB/view? -
[2]Estimations Google Maps :
https://drive.google.com/file/d/1skokJzReEPFhefJ0zk6JGf8Y8QVSE-f3/view -
[3]Article La République du Centre (Réunion de quartier) : https://www.larep.fr/olivet-45160/actualites/taille-de-la-cour-circulation-les-premieres-questions-autour-du-groupe-scolaire-du-val-a-olivet_15003172/ -
[4]Présentation vidéo du projet du Val :
https://www.facebook.com/watch/live/?v=1506943584545089 -
[5]Des nouveautés dans les écoles après les vacances :
https://www.larep.fr/olivet-45160/actualites/des-nouveautes-dans-les-ecoles-apres-les-vacances_14881220/
/image%2F1361957%2F20260622%2Fob_f339c2_20260615-photo-regroupement-ecoles-15.jpeg)